Les 9 clés fondamentales pour un développement harmonieux de nos enfants

” Il s’agit de rendre finalement à nos enfants du temps, de la liberté, une connexion avec le monde réel, ainsi que la possibilité de se reconnecter à soi. Il s’agit de simplifier la vie de nos enfants, de retirer les activités superflues, pour la rendre plus riche et de meilleure qualité”. ( Céline Alvarez)


Mes 18 années d’enseignement m’ont confrontée à des profils d’élèves très différents. Les premiers , que je nommerai très scolaires car bons élèves, comprenant les notions présentées du programme, mémorisant les leçons sans souci et n’ayant pas de problème de comportement ou relationnel avec leurs pairs ou les adultes. Ils sont finalement peu nombreux aujourd’hui et ont un fonctionnement cérébral qui correspond aux objectifs de l’école républicaine française actuelle.

Tous les autres, ( et je pense que cela concerne au moins 2/3 des élèves d’une classe), ont un fonctionnement différent, que ce soit au niveau cognitif ou affectif.

Le but de cet article est d’essayer de vous donner quelques clés afin que les apprentissages fassent sens pour les enfants.

Pour cela, nous allons nous intéresser à leur développement, depuis leur naissance. Et même, il faudrait aussi parler de la grossesse de la maman dont le déroulement peut avoir une influence sur leur vie. ( cet item pourra faire l’objet d’un autre article).

1 La plasticité cérébrale ou l’art de construire des routes dans le cerveau : 

  • L’enfant ne naît pas vierge de toute organisation cérébrale. Au contraire, son cerveau est déjà pré-câblé de circuits neuronaux mais très immatures car peu denses. L’être humain a une prédisposition innée à percevoir le monde, à imaginer, à créer, à raisonner, à mémoriser, à construire un langage oral précis et structuré. Et l’environnement joue un rôle capital dans la multiplication neuronale, beaucoup plus que la génétique. De ce fait, c’est l’environnement qui va influencer positivement ou négativement le développement de ses potentiels d’intelligence. Le Center on The Developing Child de l’université de Harvard, a mené des études scientifiques sur ce sujet qui ont abouti à cette conclusion.

brain plasticité cérébrale .jpg

  • Par exemple, pour construire le langage, l’enfant doit être exposé dès sa naissance à des discours riches en vocabulaire, utilisant des phrases variées et complexes, respectant la syntaxe de la langue. Nourrir intensément et positivement l‘intelligence de l’enfant pendant cette période d’immaturité est fondamental ; en effet, de la naissance à 5 ans, 700 à 1000 nouvelles connexions se créent chaque seconde, que ce soit par des stimulation visuelles ( les images), auditives ( les conversations, les lectures) ou par le toucher, le goût ( par ses expériences de jeu et de découverte).
  • Comme par hasard ( qui n’en est pas un), l’enfant est très curieux. Dès les premiers mois, il aime attraper, goûter, toucher, courir, observer. Tout ceci lui permet de créer de nouveaux chemins dans son cerveau. Il le fait sans s’en rendre compte, c’est complètement naturel. A inverse, peu d’expériences détruisent les pré câblages neuronaux, le cerveau se développe mal et cela aura des conséquences néfastes à l’âge adulte.

2 Tout doit se jouer avant 2 ans : 

Les experts en pédiatrie sont formels : ces 2 premières années sont capitales. Le petit d’Homme a déjà réalisé d’innombrables expériences sensorielles, motrices, sociales, langagières et cognitives sur lesquelles il va s’appuyer pour déployer son intelligence.

Et pour cela, son cerveau va effectuer des choix en renforçant certains circuits neuronaux ou bien en en éliminant d’autres : c’est qu’on appelle l’élagage synaptique.(Une synapse est une zone de contact entre deux neurones où l’information nerveuse est transmise par l’intermédiaire d’un composé chimique.)

En fait, l’enfant se spécialise dans sa langue, sa culture, ses comportements sociaux.

Que faire pour l’aider à construire des fondations solides pour sa vie future ?

Rien de bien extraordinaire !

Tout d’abord l’aimer, lui parler, le respecter dans son rythme de vie. Vivre avec lui sa découverte du monde en lui expliquant, en verbalisant, en le rassurant.

3 La posture de l’adulte qui accompagne l’enfant :

Les enfants sont des éponges et absorbent tout ce qui les entoure : les bonnes comme les mauvaises attitudes. De ce fait, le comportement doit tenter d’être irréprochable !!! mais pas du tout facile à mettre en oeuvre au quotidien ! Un travail sur soi même est souvent intéressant, notamment sur la gestion des émotions, car le petit enfant n’a pas encore la maturité cérébrale pour les maîtriser lui même. Et c’est l’adulte qui va servir de guide pour l’aider à les repérer, à les verbaliser et à les apprivoiser lors des tempêtes émotionnelles.

L’enfant modélise et une attitude calme, bienveillante, emphatique,compréhensive va lui permettre de s’engager dans les apprentissages avec confiance et sérénité. S’ ensuit alors un sentiment de bien être et de sécurité extrêmement favorable à son développement.

4 Le secret de la réussite :

Qu’est ce qui fait, qu’à capacités égales dans un environnement identique, deux individus vont avoir des résultats très différents par rapport à l’apprentissage d’une notion ?

L‘intérêt, le goût que chacun porte à un domaine d’activité engendre de la motivation. Et cette motivation vient de l’intérieur, elle est endogène. Elle nous porte, nourrit notre enthousiasme, notre curiosité et facilite les apprentissages notamment la mémorisation.

Au contraire, la motivation exogène, qui nous pousse à apprendre pour obtenir quelque chose en retour, a une influence positive sur la performance ; cependant, sur le long terme ou lorsque que la tâche est complexe, elle n’est pas efficace.

5 Le rôle de l’erreur : 

Stigmatisée par le système scolaire, l’erreur est pourtant nécessaire pour préciser nos choix, nos connaissances, nos hypothèses. Elle fait partie du processus d’apprentissage ; c’est un retour d’information qui indique qu’on doit ajuster notre réflexion, notre dispositif… Un enfant qui ne fait pas d’erreur s’ennuie même et il a donc besoin d’être confronté à plus difficile.

Notre système d’apprentissage devrait favoriser l’autocorrection ou informer de manière neutre sur l’erreur de façon à ce que l’enfant ne se sente pas “mauvais” et est envie de recommencer. C’est d’ailleurs ce besoin de refaire à l’infini du jeune enfant qui consolide et automatise les apprentissages.

6 Renouer avec la nature et le monde réel :

Un enfant n’a pas envie de faire semblant. Il aime jouer dans un environnement naturel, vivant et dynamique au sein duquel il pourra participer aux activités quotidiennes, avoir des interactions variées avec des personnes d’âges différents, observer la nature et satisfaire son besoin d’activité physique. Cela est essentiel et malheureusement bon nombre de nos enfants aujourd’hui ne se dépensent pas assez, ne sollicitent pas assez leurs articulations, leurs muscles et ainsi, ne développent plus les motricités globale et fine, pourtant si indispensables aux apprentissages. Si nous n’avons pas l’opportunité d’avoir un petit bout de jardin, essayons de rentrer de l’école à pied, de s’arrêter sur une aire de jeu ou dans un parc pour que les enfants courent et jouent librement. Laissons les vaquer à leurs occupations, observations de façon intuitive.

” L’intelligence de l’enfant a besoin d’être en contact avec le monde. Il ne veut pas seulement qu’on lui raconte, il lui faut le vivre et l’incarner, seul, à travers ses propres expériences”. (Céline Alvarez)

Boy Running during Sunset
enfant courant dans la nature

7 Protéger l’enfant du stress :

Le stress est au départ une réaction saine de l’organisme, qui lui permet de survivre face à un danger. Pour cela, notre corps sécrète du cortisol et de l’adrénaline, des hormones qui accélèrent le rythme cardiaque, contractent les muscles et accroissent le taux de sucre sanguin pour donner l’énergie nécessaire à la fuite ou à l’attaque. Cet état, de courte durée, permet d’être performant. Mais dans la vie quotidienne, soumettre notre corps à des doses répétées de ces hormones est dangereux, surtout pour le petit enfant.

En effet, son cortex pré frontal (situé derrière le front) n’est pas mature. Ce cortex est le siège de la réflexion, de la prise de recul, de l’analyse, de l’empathie ;  il ne devient opérationnel qu’à l’âge de 25 ans. Il nous faut donc accompagner l’enfant dans ses débordements émotionnels pour l’aider à se calmer. Dans les situations stressantes, les hormones sont sécrétés en continu et sans régulation : le stress devient toxique.  Les conséquences sont dramatiques :

  • le cortisol en trop grande quantité, détruit des neurones, notamment au niveau de l’hippocampe, une région centrale du cerveau zone de la mémoire, indispensable aux apprentissages.
  • le cortex pré frontal commence sa maturation vers 7 ans et le stress répété va altérer son câblage. Il aura de grandes difficultés à gérer ses moments de tensions dans l’avenir.

Pour protéger les enfants de ces situations, il s’agit d’éviter de crier, de soumettre des jugements négatifs, de prononcer des paroles blessantes ou de les humilier. C’est une véritable prise de conscience pour nous les adultes, que ce changement d’état d’esprit ! et le mettre en oeuvre une volonté farouche de se transformer pour devenir meilleur.

Notre rôle est donc de rassurer l’enfant par notre présence bienveillante et de l’aider à nommer l’émotion traversée. Puis, l’accompagner à analyser la situation  : nous lui servons en quelque sorte de “cortex pré frontal extérieur”, ce qui va accélérer sa maturation. Les hormones du bien être, endorphines, sérotonine et dopamine vont alors être déversées dans le corps. Un cercle vertueux se met en place ; plaisir, enthousiasme et élan s’installent.

8 La bienveillance :

Cette capacité à se montrer indulgent, altruiste, attentionné envers autrui, augmente les capacités d’apprentissages de nos enfants. Montrons nous chaleureux, aimants, affectueux. Non seulement ils apprendront plus facilement, mais leurs capacités morales et emphatiques se développeront davantage. Le cortex pré frontal est aussi le lieu des Fonctions exécutives, c’est à dire les capacités à d’organiser, à planifier, à se concentrer, de s’adapter à des situations, à inhiber certains distracteurs.

9 : L’amour : le secret de l’épanouissement de l’âme humaine:

Nous, êtres humains, sommes faits pour la rencontre chaleureuse et sincère avec l’autre. Une étude américaine a été menée pendant 75 ans sur ce qui maintient l’Homme heureux et en bonne santé. Le résultat est très simple : les bonnes relations humaines. Les personnes les plus connectées à leur famille, leurs amis sont les plus heureuses. Pour un petit enfant, l’amour n’est pas une option, c’est un besoin vital !

Léonard de Vinci disait déja que : “l’Amour est la source de toute connaissance”.  L’enfant doit se sentir aimé de façon inconditionnelle par ses parents, mais aussi par tous les adultes qui s’occupent de lui. Les enseignants ont donc un rôle capital dans leur posture ; montrer qu’ils sont contents de travailler avec leurs élèves, un cadre ferme mais bienveillant ! Accorder des moments privilégiés avec chacun chaque jour permet de construire une relation juste et soutenante pour l’enfant. Leur estime de soi et leur confiance grandissent ainsi progressivement. Ainsi les apprentissages sont plus faciles et ont du sens pour eux.

Peut-être allez vous trouver utopiste le contenu de cet article, mais je suis convaincue que chacun peut contribuer à améliorer les relations humaines et cela commence par les enfants qui seront les adultes de demain. Ils auront aussi le devoir de transmettre ce qu’ils auront reçu !

Votre commentaire ci-dessous me fera plaisir, je ne manquerai pas de vous répondre.

A très vite pour de nouveaux articles !

(Tous mes remerciements à Céline Alvarez qui m’a inspirée cet article.)

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