La gestion mentale pour faciliter les apprentissages

Pourquoi j’ai choisi d’écrire un article sur la gestion mentale ?

  • C’est un principe essentiel qui aide tous les enfants dans leur apprentissage.
  • certains enfants ont besoin qu’on les accompagne et qu’on leur explique comment fonctionne leur cerveau. Comment il aime recevoir et traiter l’information
  • la gestion mentale décrit les processus mentaux d’apprentissage, quelles conditions sont nécessaires pour faciliter l’apprentissage , quels profils cognitifs on peut identifier et quelles sont leurs spécificités d’apprendre.

1 Histoire et genèse de la gestion mentale :

Antoine de la Garanderie est considéré comme le père de la gestion mentale. Son parcours scolaire a été difficile et atypique. Il souffrait d’une surdité qui n’a été diagnostiquée que tardivement (à l’âge de 24 ans) !!!

De ce fait, il entendait mal et passait son temps à élaborer des hypothèses, à deviner le sens des discours, des explications. Il était en grande difficulté scolaire. Cependant, il rencontra un professeur de lettres au lycée, exceptionnel car soucieux de prendre en compte sa surdité et adaptant son enseignement en lui donnant des notes écrites précises. Il s’est ainsi découvert un mentor qui lui a transmis sa passion d’enseigner.

Tout de suite, il aspira à venir en aide à ceux qui étaient victimes d’injustice, en leur permettant de découvrir leurs ressources internes. IL voulait éviter aux autres ce qu’il avait subi.

IL fut chargé de cours de philosophie, au lycée Ste Geneviève à Versailles. Les élèves fréquentant cet établissement appartenaient à l’élite de l’enseignement. Il pensa alors qu’il était très intéressant de se renseigner sur la manière dont les élèves s’y prenaient pour travailler.

C’est ainsi qu’il mit au point un dialogue pédagogique en les questionnant sur leurs démarches mentales, les idées par lesquelles il les régulait. Il s’efforçait de se mettre à leur place, à deviner comment ils apprenaient si facilement.

Des points se dégageaient pour mener une première réflexion :

  • le fait d’avoir verbalisé leurs processus d’apprentissages renseignait davantage ces élèves sur eux mêmes et était un facteur de progrès.
  • les aptitudes scolaires semblaient dépendre de processus mentaux.

2 L’activité de perception :

Nous sommes en contact avec le monde qui. nous entoure grâce à nos 5 sens. Il nous apportent des informations visuelles, auditives, verbales, olfactives, des ressentis, concrets ou abstraits dans lesquels nous nous impliquons ou non, dans l’espace, le temps et le mouvement. Ce sont des évocations mentales .

enfant jouant avec du sable et exerçant sa vue, le toucher

Nous disposons donc d’un éventail d’évocations que nous allons mettre au service des “gestes mentaux “que sont : l’attention, la mémorisation, la compréhension, la réflexion et l’imagination.

Chacun de nous est unique et notre cerveau est plus ou moins sensible aux différences ou aux ressemblances, aux applications ou aux explications, aux êtres ou aux choses… Cette façon d’ appréhender les connaissances est porteur de sens et nous donne un “projet de sens” qui facilite les apprentissages.

Ainsi, un enseignant se doit de connaître les processus d’apprentissages de ses élèves. Dans ce but, il leur propose une dimension évocative et il les invite donc à “voir, entendre ou visualiser en mouvement “ dans leur tête, en donnant du temps et en les questionnant sur le sens de leur activité mentale. C’est le rôle des dialogues pédagogiques, qui permettent aux élèves de prendre conscience de leur mode de pensée et de l’utiliser plus efficacement.

3 Les domaines d’évocation :

Antoine de la Garanderie a imaginé 4 domaines d’évocation:

  • les évocations de la vie réelle : P1, les personnes, les lieux, les objets…
  • les évocations de codes : P2, les mots, les chiffres, les symboles mathématiques qui sont plus abstraits.
  • sur ces contenus de pensée concrets ou abstraits, chaque individu établit des liens logiques P3 ou plus personnels, originaux P4.

Par exemple, un enfant qui entre à l’école primaire a pris l’habitude évoquer la réalité sur laquelle il met du sens en créant de façon naturelle non consciente des liens logiques et /ou originaux. Le rôle de l’apprentissage est de lui permettre d’accéder aux codes écrits de la lecture, de l’écriture, du calcul… Il prend petit à petit l’habitude d’établir des liens entre P1 et P2.

Ainsi, quand un enfant entend “maison”, il peut se représenter l’objet. Il va désormais apprendre à évoquer le mot lui -même avec sa séquence ordonnée de lettres : m-a-i-s-o-n, celles que l’on entend, celle qui font une autre sens quand elles sont ensemble ( ai). Il peut le réaliser de différentes façons. Soit en revoyant le mot écrit dans sa tête, soit en l’épelant mentalement, soit en imaginant qu’il l’écrit. Il apprend donc à faire des liens entre la succession des sons et des lettres ; chaque lettre produisant un son, même s’il y en a qui sonnent différemment quand on les rassemble.

un style de maison !

Ensuite, il peut mettre mentalement ce mot en lien avec P3, une maisonnette, une maisonnée pour enrichir son lexique. Ces liens logiques peuvent se répartir en 3 catégories :

  • l‘analogie avec les différences et les ressemblances.
  • l’attribution avec les fusions, les inclusions, les exclusions, les interactions, concepts utilisés en apprentissages de la lecture et du nombre. ( fusion de syllabes, exclusion de syllabes…)
  • la sériation dans l‘espace et le temps .

Dans son développement cognitif, le petit enfant utilise d’abord l’analogie vers 2 ou 3 ans. Quand il voit un avion, il dit : “un avion, c’est comme un oiseau, il a des ailes pour voler dans le ciel”. L’attribution ( faire des classifications ou des tris) et la sériation spatio temporelle ( organiser les étapes du déroulement d’une action ) seront acquises plus tard, à partir de 5 ans environ. Et cela peut prendre plus de temps selon les enfants.

4 Les gestes mentaux :

Ils sont au nombre de 5. Ils sont en interaction en permanence dans la conscience cognitive de celui qui apprend. Cependant, il est utile de bien les connaître afin d’identifier ceux qui seront à solliciter dans telle ou telle situation. Les décrire, les expliquer permet aux enfants de mieux comprendre les différentes étapes de leurs manières d’apprendre.

  1. l’attention : l’attention sert à mieux percevoir les éléments de notre environnement et à réagir vite. L’attention établit une connexion privilégiée avec un objet, une personne et permet d’être dans une interaction au sein de laquelle le cerveau s’implique entièrement. C’est la porte d’entrée de toute activité mentale. Naturellement, l’enfant exerce son attention en observant la nature, une feuille d’arbre, une flaque d’eau… Comme l’énonce Maria Montessori, il y est naturellement attiré.
se préparer à être attentif, comme pour les feux de la circulation. Quand c'est vert, je peux y aller. Quand c'est rouge, je m'arrête, je fais une pause.
l’attention

2. la mémorisation :C’est le geste mental qui donne aux évocations cette mise en place dans un avenir où la personne aura à les utiliser. Chez l’enfant, c’est aussi un geste naturel. Il apprend sa langue maternelle en écoutant et en répétant inlassablement les discours entendus, grâce à son attention. Pour mémoriser, il faut faire exister mentalement ce que l’on veut retenir ( visuellement, verbalement ou auditivement). Puis, on projette ces images dans la ou les situation.s future.s d’utilisation. Enfin, on effectue des allers-retours entre l’image qu’on s’est donnée et la perception de ce qu’on veut retenir, et on corrige l’image au fur et à mesure jusqu’à ce qu’elle soit conforme avec la réalité.

mémoire

3. la compréhension : La compréhension peut être spontanée car l’objet à comprendre fait appel à des compréhensions anciennes déjà mémorisées. Il n’en est pas de même avec des nouveaux concepts. Comprendre, c’est pouvoir appliquer mais c’est aussi pouvoir expliquer. C’est un va et vient patient entre la personne qui aide à comprendre et l’enfant qui essaie de comprendre. Il avance dans la compréhension en travaillant les liens logiques d’analogie, d’attribution et de sériation spatio-temporelle pour en exprimer le sens. (l’expliquer). . Ensuite quand il est capable de le formuler avec ses propres mots, il peut appliquer dans des exercices ce qu’il a compris.

compréhension : va et vient entre ce que l’on connaît déjà et ce qu’on cherche à comprendre

4. la réflexion : réfléchir, c’est faire un retour sur des acquis (règles, connaissances, expériences…) afin de les utiliser pour répondre à une question. Pour réfléchir, nous nous donnons des images mentales précises et nous faisons exister toutes les évocations qui vont nous être utiles. Puis, nous choisissons celles qui vont nous servir et nous les “plions “pour leur donner la forme qui permet de répondre à la question. Ainsi, un enfant qui a mémorisé une conjugaison ou une table de multiplication en anticipant uniquement de les réciter à l’enseignant, ne projette pas ces objets dans le futur avec un autre projet d’utilisation. C’est le problème du transfert des connaissances.

la réflexion …

5. l’imagination créatrice : Elle est indispensable et se met en route dès la perception grâce à nos 5 sens. Encore faut- il se donner le projet de mettre sa touche personnelle dans le processus d’apprentissages afin de pourvoir transformer les images mentales et être créatif. C’est l’appropriation en évoquant à la première personne “je”.

imagination créatrice

“Cet acte mental va apporter à l’attention curiosité et vigilance, à la mémorisation puissance évolutive et élargissement du pouvoir d’anticipation, à la réflexion et à la compréhension possibilité de changer de point de vue sur des acquis comme sur des processus de compréhension. “

Armelle Géninet

Par exemple en mathématiques, les situations problèmes entraînent la mise en place d’itinéraires mentaux complexes où s’interpénètrent l’attention, la réflexion et la compréhension. L’attention consiste à faire exister l’énoncé du problème dans sa tête en triant les informations. La compréhension permet de saisir dans ce tri, les éléments à comparer entre eux ( analogie, attribution et sériation spatio-temporelle) pour réfléchir aux outils à mobiliser pour résoudre le problème.

A nous adultes, de créer les situations pédagogiques et didactiques qui explicitent ces processus aux élèves afin de faciliter leur compréhension et leur mémorisation.

Merci à tous ceux qui ont lu cet article théorique sur la gestion mentale, jusqu’au bout. 😅🤯

Qu’en pensez-vous ? utilisez-vous la gestion mentale dans votre classe? comment accompagnez-vous vos enfants pour leur faire comprendre des notions qui leur semblent difficiles ?

Laissez votre avis dans les commentaires ci-dessous et vos suggestions .

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