Comment apprendre les tables de multiplication ?

Pourquoi est-ce si difficile de mémoriser les tables de multiplication ?

des conseils et des stratégies à mettre en place.

Apprendre les tables de multiplication, certains ne s’en rendent même pas compte ( sans jeu de mots !) ; ils écoutent leur grand frère ou leur soeur les dire et les produits s’ancrent dans leur mémoire sans effort. Mon dernier enfant est de ceux là….

Pour d’autres, c’est un calvaire qui dure parfois jusqu’à l’âge adulte avec tous les doutes, la mauvaise image de soi, le manque de confiance qui sont véhiculés avec. Une de mes grandes filles ne maîtrise pas encore les tables au collège. 

Vous allez sûrement me poser une question : mais à quoi ça sert d’apprendre les tables alors que nous avons à notre disposition des calculatrices ? c’est le sujet de mon premier paragraphe.

1 Quel est l’intérêt d’apprendre les tables alors qu’il y a des calculatrices partout ?

Cet apprentissage est un moment important de la vie de chaque enfant car c’est l’occasion de vivre la multiplication comme une opération à part entière et non comme une répétition (une réitération) d’additions.  

” Sans cette maîtrise, l’enfant aura des difficultés à vivre le nombre comme un ensemble de relations ; or, c’est ce qui sera demandé au collège dans les simplifications de fractions, les mises en facteurs communs et l’extraction de racines carrées.”

Armelle Géninet.

Pourquoi cette mémorisation est-elle aussi difficile ?

Quand nous parlons, nous mettons des images mentales facilement sur les mots. Par contre, quand nous parlons chiffres ou nombres, ce processus ne s’entreprend pas. Les nombres ne produisent pas d’associations avec d’autres nombres. 

Le but d’apprendre les tables de multiplication est l’élargissement des relations qui lient les nombres entre eux. Je m’explique : 

par exemple : 28, c’est 20+8, mais aussi 14+14 et 30-2…..

Avec la multiplication, il devient également 7X4 et 2X14, 3X8 et la moitié de 56. Il s’inscrit dans l’infini des relations avec d’autres nombres, avec notamment les 4 opérations. 

2  Qu’est ce qui entrave cet apprentissage ?

Souvent, les adultes, parents, enseignants, se désespèrent du temps passé à répéter et de l’incapacité pour l’enfant de restituer les résultats des tables !

Mais leur a t-on montré comment mettre en mémoire ? expliquer les différentes étapes et les accompagner à les franchir ?

Ce n’est pas en répétant 10 fois, 20 fois que les résultats peuvent “rentrer” même si cela peut fonctionner pour une petite minorité.

Cette difficulté vécue par les enfants détériore l’image qu’ils ont d’eux mêmes et les amène à douter de leurs capacités d’apprendre d’où la conclusion hâtive et répandue : “je suis nul en math”… Ils deviennent démotivés et n’arrivent plus à s’investir dans cette matière. Le cercle vicieux est enclenché. 

Quels sont les obstacles à l’apprentissage des tables de multiplication ? 

  • les obstacles intrinsèques, c’est à dire dans les outils et les pratiques proposés aux enfants .
    • les outils sont uniformes : les tables se ressemblent toutes, il n’y a pas de couleurs. elles sont  linéaires, verticales et contiennent beaucoup trop d’informations. 😓

 

      • une façon peu attractive de présenter les tables
        tables de multiplication noir et blanc

 

    • les pratiques : nous avons tendance à faire réciter chaque table dans l’ordre, puis dans le désordre et dans le sens du calcul plutôt qu’à partir du résultat. 

 

  • les obstacles intrinsèques, c’est à dire les processus mentaux de mémorisation mis en place par les élèves de façon intuitive parfois.
    • la plupart du temps, les élèves utilisent une méthode verbale pour mémoriser les tables : ils répètent à haute voix ou mentalement la succession des produits, comme une rengaine et ne pensent plus au sens des nombres et des produits; 
    • apprendre les tables : oui mais dans quel but ? Parce qu’on doit le faire à un moment donné de l’année scolaire, parce qu’est au programme… Peu d’enfants se projettent dans un vécu personnel où ils auront besoin d’utiliser ces résultats, et cela est normal à l’âge du primaire si on ne conscientise pas les apprentissages. 

 

3 Comment s’y prendre pour apprendre ?
  • ce que disent les neurosciences : 

Pour apprendre, le cerveau aime s’économiser et réduire le nombre d’informations à stocker. De ce fait, il élimine ce qu’il connaît déjà et va accorder plus d’importance à ce qui est nouveau, va chercher à établir des liens logiques pour réduire le nombre d’éléments à mémoriser.

Ainsi pour les tables, les enfants vont enlever les produits pour ne compter que de 5 en 5 ou de 8 en 8 selon la table. Cependant, cela ne les prépare pas à retrouver rapidement un produit car ils devront repartir du début de la table. Et non plus à décomposer un résultat en un produit de facteurs : ex 48 = 6X8

  • ce que dit la gestion mentale : 

La gestion mentale, issue des travaux de recherche des Antoine de la Garderie, décrit précisément quels sont les processus mentaux d’apprentissages. Nous sommes en contact avec notre environnement par nos 5 sens qui vont nous apporter des informations visuelles, auditives, verbales. Ces informations vont faire naître des évocations mentales qui seront au service des “gestes mentaux” d’attention, de mémorisation de compréhension, de réflexion et d’imagination créatrice.

Vers 7, 8 ans, la pensée de l’enfant est très créative, son imagination est débordante. Sa compréhension s’inscrit davantage dans l’espace que dans le temps. Passer du concret à l’abstrait est souvent délicat et doit être progressif. 

Voici les propositions pédagogiques de la gestion mentale : 

    • tout d’abord, construire le sens de la multiplication avec des allumettes ou des cubes de couleurs pour matérialiser chaque produit. Les rendre plus concret en inventant une petite histoire tirée de la vie quotidienne. 
    • varier les formes des tables dans leur présentation.
    • varier les couleurs, les cadres autour de chaque produit que chaque enfant peut colorier lui-même également. 
    • organiser les produits en cercle, centrés, en les plaçant dans le désordre pour éviter de passer par les additions successives. Cela sollicite les deux hémisphères cérébraux et accroît les possibilités de mémorisation. 
    • ne pas proposer tous les produits au début, limiter leur nombre pour favoriser leur mémorisation.
    • répéter plusieurs fois l’apprentissage : quelques minutes par jour, étalés sur un ou deux mois, sous forme de jeu, sans perspective d’évaluation… Des jeux de l’oie, des mandalas , des escargots ….
    • insister aussi bien sur le résultat que sur le calcul : 18=6 fois 3 ou 3 fois 6.
présentation centrée et colorée des tables de X
présentation centrée et colorée des tables de X

 

  • Stratégies d’accompagnement de la mémorisation des tables de multiplication : 

On passera du temps sur chaque table séparément en prenant le soin d’investir les résultats dans des petits problèmes ludiques afin que chacun y trouve des ressources à sa motivation.

Selon Antoine de la Garanderie, certains ont besoin de s’appuyer sur pourquoi j’apprends telle chose, à quoi cela va me servir ; tandis que d’autres se motivent sur les moyens d’arriver à ces finalités. ( comment je retiens tel résultat, tel nombre correspond à tels produits …)

Il est judicieux de commencer par le plus facile, c’est à dire la table de 2 ( qui consiste à savoir les doubles, compétence travaillée dès le CP).

Puis viennent ensuite les tables de 9, 5, 3, 4….

Cela allège considérablement la mémorisation des tables de 6, 7 et 8 puisque la majorité des résultats a déjà été travaillé ! 

 

“Insister sur ce qui est acquis, est essentiel pour maintenir la motivation des enfants “.

Armelle Géninet 

 

J’espère que cet article vous a plu et vous a apporté des conseils pour aider vos enfants à mémoriser les tables ! 

N’hésitez pas à me laisser un commentaire sous l’article ou à me faire une demande si je n’ai pas été claire !!

Au plaisir de vous lire ….

A très vite pour la suite. 

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